lun. Août 19th, 2019

Entretien avec Olivier Verdon :  » J’ai fait de belles choses après c’est clair qu’il y a des détails à régler « 

Devenu l’un des cadres de l’espoir du football béninois,  le défenseur Olivier Verdon a vécu une Coupe d’Afrique des nations exceptionnelle. Crédité de belles prestations en Égypte, le défenseur central béninois se livre à Bénin Sports. Il revient sur le parcours des Écureuils à la Can.
Beninsports : Olivier est revenu sur terre ?
Olivier Verdon : Ouais. On est revenu sur terre, surtout sur nos terres et ça fait du bien. On voulait rentrer ici au pays pour célébrer ce beau parcours et franchement on a été bien reçu par les supporters. On les remercie, ça fait vraiment chaud au cœur.
Comment Olivier a vécu cette coupe d’Afrique des nations, du premier match contre le Ghana jusqu’à l’élimination contre le Sénégal ?
 
 
 
 
Je vais même remonter plus haut, depuis la préparation où on s’est rejoint à Cotonou pour partir à Ifrane. On s’est préparé dans un cadre plutôt en altitude ; c’était à 1600 mètres d’altitude et on a travaillé un peu plus physiquement pendant une semaine. Ensuite on est parti pour une autre semaine à Marrakech pour travailler un peu plus techniquement puis pour des enchainements avec le ballon. On a joué deux matches amicaux avec deux victoires. Après on s’est envolé pour l’Egypte. Personnellement c’était ma première Can, donc j’étais excité par ce challenge et j’avais à cœur de réaliser une belle Can. Les matches, vous avez vu, on a fait trois matches nuls pour commencer, contre le Ghana, la Guinée Bissau et le Cameroun. Les trois matches étaient difficiles mais on a montré qu’on était là et voilà ça s’est confirmé par la suite avec la qualification contre le Maroc.
Justement comment avez-vous préparé le match contre le Maroc ? Avant le match qu’est ce que vous vous êtes dit ?
Déjà dans les vestiaires avant ce match là, tout le monde était concentré. On a démontré pendant les éliminatoires, pendant les matches de groupe de quoi on était capable. Du coup on a abordé ce match avec beaucoup d’humilité et de sérénité aussi. On savait que c’était un match décisif pour écrire une nouvelle page de l’histoire. Avant le match, il y a eu le discours du coach, celui du capitaine qui a dit notamment qu’il ne voulait pas rentrer et tout le monde était d’accord avec lui. On sentait vraiment une force dans notre groupe, on était vraiment comme une famille soudée et on savait que si on était soudé on pouvait faire de très belles choses. Du coup, on était calme mais avec beaucoup d’envie et d’excitation avant ce match.
Sur le terrain on a vu l’ouverture du score de Moïse Adiléhou. Il parait que ça avait été travaillé à l’entrainement…
Ouais on avait travaillé ça la veille à l’entrainement notamment sur les combinaisons sur les coups de pied arrêtés, les positionnements et je suis très content pour lui parce que déjà c’est un bon pot à moi, il est comme un frère pour moi. C’est bien qu’il ait marqué ce but, à ce stade de la compétition, un but qui nous a permis ensuite de pouvoir nous qualifier après des tirs au but.
Vous étiez sur le terrain, vous avez vu l’action, qu’est-ce qui s’est passé sur le carton rouge de Khaled Adénon ?
En fait, Moïse avait des crampes et Khaled a voulu l’étirer mais l’arbitre lui a dit « tu n’es pas docteur », en gros, « ne l’étire pas » mais lui il a continué à l’étirer puis l’arbitre lui a mis un carton jaune. Pour moi c’était injuste quoi, déjà que le match n’était pas facile puis se retrouver à 10, on savait qu’il y avait les prolongations à jouer et être privé d’Adénon, vous savez c’est difficile mais c’est le jeu. Après Dieu est grand et il nous l’a bien rendu avec cette qualification en quart.
Au moment de  l’exécution du penalty loupé par Ziyech, comment vous vous êtes senti ?
Moi je savais qu’on allait gagner. Je ne sais pas comment mais j’étais persuadé qu’on allait gagner. Donc quand il a pris la balle, ce n’est pas que j’étais serein mais déjà au moment de l’expulsion de Khaled je disais à l’arbitre « monsieur l’arbitre vous pouvez faire ce que vous voulez mais aujourd’hui c’est nous qui allons passer ». C’était devant le capi Stéphane Sessègnon. C’est vrai on a eu chaud, il faut se le dire mais voilà Dieu est grand et il a bien fait les choses.
Face au Sénégal, tu as écopé d’un carton rouge, qu’est ce qui s’est passé ?
Comme vous savez on était mené 1-0 à 10 minutes de la fin et l’attaquant partait seul au but. Je me suis dit : « il reste dix minutes, ça va vite. Est-ce que je le laisse aller seul au but, sachant qu’il y a des chances qu’il marque le deuxième but ? » Et à 2-0 à 10 minutes de la fin, je pense que le match était fini ; « Est-ce que je me sacrifie pour l’équipe ? Je prends un carton rouge, on reste à 10 pendant 10 minutes et on pourrait revenir à 1-1 sachant que tout pouvait se passer, sur un coup de pied arrêté ou sur une action construite ou n’importe comment… » Mais je ne le regrette pas, ce n’était pas méchant c’était juste une option.
Malgré l’élimination, Olivier Verdon content de sa première Can ?
Oui je suis content. Je pense que comme partout, il y a des choses qu’on peut améliorer. J’ai fait de belles choses après c’est clair qu’il y a des détails à régler. Donc voilà il faut continuer à travailler, être sérieux et surtout rester humble. C’est pas parce qu’on est parti en quart qu’on doit se prendre la grosse tête. Avec ce qu’on a montré on était sûr de nos forces. Maintenant, le plus dur c’est de confirmer et il va falloir encore bosser plus dur pour confirmer, je ne dirai pas notre statut, mais notre forme du moment.
On vous a vu au stade Mathieu Kérékou et on sait que vous aimez faire la fête… Comment avez-vous géré la liesse populaire ?
Franchement c’était magnifique. Je ne m’attendais pas à un tel accueil de la part du public béninois. Je les remercie, on est fier d’être béninois et j’espère que même si on aurait pu aller plus loin, on les a fait vibrer et que ça va continuer. En tout cas je ne suis pas un grand danseur mais quand il y a du monde comme ça il faut essayer de gérer un peu. C’était vraiment le top. Du coup je remercie le président Patrice Talon, le ministre Homéky, le président de la fédération béninoise de football pour tout ce qu’ils font pour nous. Ils mettent vraiment les moyens pour qu’on soit dans de bonnes conditions, pour qu’on grandisse ensemble.
Olivier Verdon va rejoindre son nouveau club, quel est le nouveau challenge ?
Je vais rejoindre mon nouveau club le 28 pour commencer l’entrainement le lendemain. Déjà je suis très content d’avoir signé à l’Alaves, c’est un bon club. Après comme je vous l’ai dit moi je ne compte pas m’arrêter là. Ça veut dire déjà que je vais faire ma place là-bas, j’ai envie de m’imposer et de jouer un maximum de matches et par la suite voir encore plus grand. Dans le football, c’est une question de confiance. Moi j’ai confiance, je sais d’où je viens et je sais où je vais, du coup je suis sûr de moi.
Vous êtes Béninois et il y a beaucoup qui sont surpris lorsque vous parlez votre langue locale, le fongbé… Dô xo kpè dé nu mèn lèè nan sé bo (parle un peu pour que les gens t’entendent)
Mi wa nou, mi wa nou kaka (merci, merci beaucoup). Franchement vous avez fait beaucoup en nous supportant.
 
Il faut rappeler que tu venais déjà en vacances au Bénin avant de devenir international béninois…
Ma mère est une Diogo, une Diogo de Ouidah. Après on a une maison à Fidjrossè et j’ai de la famille aussi au quartier St Jean et à Missèbo aussi. Toutes les années j’étais ici et ma mère me parle en fon, donc je suis un vrai béninois il n’y a pas de souci.
Tu te rappelles tes débuts avec le Bénin, avec le premier billet d’avion qui a été envoyé, les petits problèmes…
Oui, mais maintenant c’est réglé. C’était pour la catégorie junior et je devais venir et je n’avais pas reçu mon billet mais bon, c’est un détail, ce n’est pas grave.  Le plus important c’est que je sois là.
Un mot au public sportif béninois pour clore cet entretien
 
Mille mercis. Je ne sais pas comment les remercier parce que ce qu’ils ont fait est énorme. Ça a été un soutien formidable pour nous, c’est quelque chose de très fort qui s’est passé et je pense qu’on est lié à jamais. Maintenant on veut rester à l’unisson. On est une famille et c’est le Bénin qui gagnera.

1 thought on “Entretien avec Olivier Verdon :  » J’ai fait de belles choses après c’est clair qu’il y a des détails à régler « 

  1. C’est un joueur que j’aime vraiment écouter quant il parle. Il t’implique dans ses propos de sorte qu’on a impression que c’est soi-même que parle. Je suis très fier d’être béninois . N’oublie jamais d’ajouter Chaque cette phrase à tes dits. Car cela me faire tellement plaisir t’entendre ça. Ce n’est que le début de l’exaspération du football de notre pays. Never get up. Soyimanvo!!

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