jeu. Juil 18th, 2019

Le Bénin,  petit poucet est devenu majeur

Petit poucet annoncé dans cette Can 2019, le Bénin a déjoué les pronostics et s’est même offert une place en quarts de finale alors que plusieurs ténors ont déjà quitté la compétition. Retour sur un parcours révélateur pour les Ecureuils.
Que pouvait-on attendre d’un Ecureuil dans une jungle aux grands animaux et aux félins invétérés ? Cette problématique a souvent été l’objet d’un débat notamment au vue des difficultés du onze national à obtenir de grands résultats. Pourtant dans cette même tunique, les Ecureuils, à défaut de se voir sacrés roi de la forêt, siègent à la cour des princes. Fort d’un parcours remarquable, Stéphane Sessègnon et ses coéquipiers ont brisé plusieurs records de l’histoire du Bénin. Dans un groupe F qui dressait sur leur chemin le Cameroun, champion d’Afrique en titre ou le Ghana à la quête d’une 5e  couronne (la dernière date de 1982), les Ecureuils ont parfaitement joué les trouble-fêtes, d’abord en accrochant ces deux tauliers. Mieux, le Bénin est la seule équipe de ce groupe encore en lice dans la compétition.
Bénin-Dussuyer, le conte de fée continue…
Il a fallu pourtant neuf ans pour voir le Bénin accéder à nouveau à la phase finale d’une coupe d’Afrique des nations. Mais déjà en 2010, lors de sa dernière participation à la compétition, les Ecureuils avaient réussi à décrocher un point historique grâce au match nul face au Mozambique. Cette année-là, c’est Michel Dussuyer qui était sur le banc. Et c’est ce même technicien qui a eu pour mission de conduire le Bénin à sa 4e Can, un mariage sur fond de continuité donc. Et en 4 matches, aucune défaite n’est à déplorer. Une performance rendue possible par la solidarité et le bon état d’esprit qui règne au sein du groupe. Même si avec Dussuyer le Bénin n’a pas obtenu la palme de l’équipe la plus séduisante en termes de jeu, il a réussi à tirer le meilleur de son groupe. Dans un mix entre anciens et jeunes, il a plutôt misé sur la solidité défensive avec une équipe regroupée, qui défend bas mais bien. Le technicien français a également montré son sens de la tactique en orchestrant avec succès des coups de maitre, avec la défense à 5 ou le repositionnement de Mama Séibou sur l’aile droite de la défense par exemple. Des combinaisons qui ont permis à l’équipe d’atteindre ces résultats et de se classer parmi les meilleures défenses de la compétition avec 3 buts concédés et 2 clean sheets obtenus.
Une aube nouvelle ?
Cette 4e participation du Bénin à la Coupe d’Afrique des nations restera mémorable à tous les égards notamment au vu de la performance inattendue de l’équipe. Si la qualification pour les huitièmes de finale dans un tel groupe était déjà perçue comme un résultat encourageant, l’élimination du Maroc a été une véritable prouesse, surtout que le Bénin est la seule formation à avoir marqué de but contre les Lions de l’Atlas dans cette Can. De cette aventure toujours en cours, on retiendra aussi l’engouement suscité chez les Béninois. Car il faut bien le souligner, le parcours du onze national a réchauffé les liens entre l’équipe et ses supporters. Les frustrations et autres pessimismes ont laissé place à une communion d’esprit avec la sélection nationale. L’image du football béninois a été quelque peu soignée, ce qui augure peut-être une aube nouvelle du sport roi au Bénin.
Herman Ahouandé

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