jeu. Juil 18th, 2019

 Une épopée idyllique pleine d’enseignements des Écureuils

La marche des demi-finales était peut-être plus haute mais, ces Écureuils ont écrit l’une des plus belles pages du football béninois lors de cette 32è édition de la Coupe d’Afrique des Nations Égypte 2019. Face aux énièmes Lions en quarts  de finale le mercredi 10 juillet, ils ont été héroïques, jouant comme d’habitude sur leurs qualités intrinsèques. A l’arrivée, c’est le Sénégal qui verra le dernier carré de la compétition grâce à une fulgurance de Idrissa Gueye. Éliminés certes mais, trois semaines durant, les poulains de Michel Dussuyer ont pris du plaisir, ont fait rêver tout un peuple qui, le temps de cette participation a fait preuve d’une fibre patriotique et d’unité nationale.
« … Nous irons le plus loin possible… » Ainsi s’exprimait le sélectionneur national, Michel Dussuyer au lendemain de la publication de sa liste des 23 joueurs retenus pour cette grande messe du football africain qui se déroule au pied des pyramides en Égypte. On était à mille lieux de croire que ces Écureuils pouvaient franchir le premier voire le deuxième tour. Dans un groupe relevé et jugé  »groupe » de la mort, l’essentiel aurait été à minima, de faire bonne impression en limitant les dégâts. Mais, ils ont fait plus qu’une bonne impression en tenant en respect, Black stars et Lions Indomptables au premier tour, lançant ainsi des signaux forts aux cadors du tournoi, supers prétendants au sacre.
Ce signal, les Lions de l’Atlas ne l’ont pas visiblement perçu ou ont fait preuve de myopie volontaire. Ils en ont fait les frais en huitièmes de finale au terme d’un match au scénario renversant à l’issue duquel, le Bénin a éliminé Akim Ziyech, Mbark Boussoufa, Youssef En Nesyri, Manuel da Costa, Medhi Benatia, Younes Belhanda, Achraf Hakimi… amenés par Hervé Renard programmé pour un troisième titre avec une troisième équipe différente après la Zambie en 2012 et la Côte d’Ivoire en 2015.
L’écho de cette victoire des Écureuils sur les Lions de l’Atlas a retenti aux quatre coins de la planète, permettant ainsi aux curieux qui ne connaissaient pas encore le Bénin de savoir avec précision qu’il s’agit d’un pays de l’Afrique de l’Ouest qui fait corps au Nigeria. Dès lors, petit poucet sur papier, le Bénin est devenu un prétendant très sérieux au carré d’as. Mais, l’aventure s’arrêta en quarts de finale face au Sénégal.
Une équipe homogène et soudée
Depuis le premier match Bénin – Ghana, Michel Dussuyer a étonné avec un système de jeu basé sur la défensive. Du 5-4-1 ou 4-1-4-1 qui peut muer en 4-3-3, le sélectionneur a su bâtir une équipe capable de faire dos rond sans jamais rompre. Malgré un bloc bas qui évolue en défendant, l’équilibre entre la base arrière, les milieux et la division offensive a toujours été respectée contrairement à ce qu’on peut croire. La tactique a payé jusqu’au dernier match contre le Sénégal où, à la 70è de jeu, sur une passe de Idrissa Gana Gueye à Sadio Mané en relais, l’ancien pensionnaire du centre  »Diambars » a pu transpercer ce péricarpe défensif ultra solide avant d’aller crucifier Saturnin Allagbé.
En termes d’enseignements après de cette participation des Écureuils, tous les observateurs s’accordent à reconnaître la solidité défensive de cette équipe que personne n’attendait en quarts de finale. On retient aussi une animation offensive quoique moyenne.
Des révélations
Dans ce chapitre, si toute l’équipe béninoise est logée au rang des surprises agréables de la compétition avec le Madagascar, en termes d’individualité, les Écureuils ont également surpris les observateurs et autres recruteurs présents à cette CAN. Saturnin Allagbé joueur de Niort en Ligue 2 française, habituel doublure de Fabien Farnole au poste de gardien de but est devenu incontestablement le numéro 1 à ce poste depuis le troisième match de groupe, Bénin – Cameroun. Il aurait pu être l’homme du match des 1/8è de finale face au Maroc où, il réussit des arrêts décisifs et en détournant un pénalty lors de la séance fatidique des tirs au but.
L’autre coup de cœur c’est Sessi d’Almeida, le désormais ex-joueur de Yeovil Town Football Club en 4è division anglaise qui a sorti sur chaque match joué, des prestations de haute volée en milieu de terrain. Infatigable et très bon pour le  »box to box », il était présent partout dans la récupération même si ses relances sont à corriger.
Dans le même registre, on ne peut oublier Mama Séibou, le joueur à tout faire. Pensionnaire du Sc Toulon, club de National en France, il a confirmé tout le bien qu’on pensait de lui depuis la catégorie des cadets. Milieu de terrain de formation, il a dépanné au poste d’arrière droit lors de la qualification historique contre le Maroc.
Dans la base arrière, Khaled Adènon a confirmé son statut de patron dans une défense central à trois avec Olivier Verdon et Moise Adilèhou, deux défenseurs centraux qui, pour une première à la CAN ont brillé par leur capacité à museler les grandes stars de la compétition.
A 35 ans, Mickael Poté a brillé de mille feux lors de cette CAN en inscrivant le but le rapide du tournoi face au Ghana. Crédité de deux buts, Mickael Poté a surpris plus d’un par sa performance.
L’Unas, la palme du meilleur groupe de supporter 
L’Union National des Associations de supporter avec environ 500 personnes a fait sa CAN aussi dans les gradins en animant du début jusqu’à la fin des matches qui opposaient les Ecureuils aux autres équipes. Sous des aires des musiques populaires du Bénin, l’Unas a su galvaniser les joueurs qui sentaient le soutien du 12è homme. Logiquement, la CAF a décerné au groupe de supporter béninois, la palme de Meilleur supporter du tournoi.
L’unité nationale, le temps de la Can ?
Grâce à la belle prestation du ‘’Onze national’’ le sentiment d’appartenance à une nation engluée dans une série d’événements malheureux s’est fait ressentir. Du sud au nord et de l’Est à l’Ouest, le drapeau tricolore a pris le pas sur les clivages politiques inutiles au soir de la qualification contre le Maroc. Tout le pays a vibré à l’unisson. Oui ! Les béninois étaient capables de faire ça. Le nationalisme était tout simplement à fleur de peau.
Ignace Natonnagnon

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